Jody Young contre Tragédie au travail

Accueil Entreprises à l'honneur Jody Young face aux tragédies sur le lieu de travail : une carrière consacrée à la lutte pour des conditions de travail plus sûres. Jody Young s'exprime sur les cultures de “ sécurité imposée par la hiérarchie ”. Par DanAdminCAD Facebook LinkedIn “ Chaque travailleur devrait partir travailler et rentrer chez lui dans le même état qu’à son départ. ” Jody Young a consacré 35 ans de sa vie à la santé et à la sécurité au travail. Elle a élaboré des politiques. Elle a veillé au respect des règles. Elle a eu un impact réel sur la sécurité au travail au Canada. Sa carrière couvre à la fois les secteurs public et privé, ce qui lui confère une expérience d’une richesse unique. Aujourd’hui, elle dirige les Services de prévention et de sécurité au travail (WSPS). Au fil des ans, elle a vu les réglementations en matière de sécurité évoluer. Elle a constaté les défis auxquels les entreprises sont confrontées pour protéger leurs travailleurs. Et elle sait ce qui se passe lorsqu’elles échouent. Elle a été témoin des répercussions en cascade de lieux de travail dangereux. Les conséquences à long terme ne touchent pas seulement les travailleurs blessés. Les familles en souffrent. Les communautés en ressentent la perte. Une seule défaillance en matière de sécurité peut entraîner des poursuites judiciaires, la ruine financière et un chagrin incommensurable. Pour Mme Young, c’est bien plus qu’un simple métier. C’est une quête visant à faire la différence grâce à la prévention. Des sciences de l’environnement au leadership en matière de sécurité Mme Young était étudiante en sciences de l’environnement à l’université de Toronto. Elle a effectué un stage d’été au sein du service environnement, santé et sécurité d’une société minière. Cette expérience a tout changé. Elle a constaté à quel point la sécurité pouvait faire la différence entre la vie et la mort. Elle a débuté par des tests d’hygiène industrielle, tant dans les mines souterraines que dans les usines de surface. Le SIMDUT venait tout juste d’être mis en place, et elle a participé aux enquêtes et aux formations. Au fil du temps, les employeurs ont recherché des professionnels maîtrisant à la fois la conformité environnementale et celle en matière de sécurité. Cette demande a joué en sa faveur. Elle a décroché des postes clés et a passé plusieurs années dans le secteur privé : l’exploitation minière, la fabrication d’abrasifs, la construction, le traitement des déchets, la fabrication de peintures. Chaque secteur présentait ses propres risques. Elle a vu des travailleurs se blesser. Elle a constaté à quel point des incidents évitables pouvaient bouleverser des vies. Lorsque la sécurité faisait défaut, ce sont les travailleurs – et leurs familles – qui en payaient le prix. Elle s’est ensuite orientée vers le secteur public. Elle a travaillé pour les ministères du Travail de l’Ontario et de l’Alberta. C’est là qu’elle a pris la mesure de l’impact considérable que pouvaient avoir la conformité et l’application de la réglementation. “ J’ai senti que je pouvais réellement avoir un impact plus important en matière de sécurité. Les résultats étaient immédiats, et on pouvait voir la différence. ” Jody Young Elle en a été témoin de ses propres yeux : enquêtes, amendes, procédures judiciaires et familles brisées en un instant. Chaque blessure, chaque décès, renforçait sa mission. Son travail ne se limitait pas à faire respecter la loi. Elle collaborait avec les entreprises pour les aider à améliorer leurs pratiques en matière de sécurité. Elle faisait découvrir aux employeurs les meilleures pratiques. Se contenter de respecter la réglementation ne suffisait pas. Il fallait créer des lieux de travail plus sûrs. Elle a mis les entreprises en relation avec les organismes publics. Ensemble, ils ont instauré une culture de la sécurité plus solide. Une mission personnelle Pour Jody Young, la sécurité n’est pas seulement une carrière. C’est une affaire personnelle. “ Mon propre père a été victime d’un accident sur son lieu de travail qui a bouleversé sa vie. Je n’ai toujours connu mon père qu’avec une seule jambe ”, explique-t-elle. Cette réalité a façonné sa vision des choses. Elle a compris les conséquences des accidents du travail sur les familles. Son travail d’enquêteuse n’a fait que renforcer sa passion. Elle s’est assise aux côtés de familles qui ont perdu des êtres chers. Elle les a accompagnées tout au long des enquêtes et des procédures judiciaires. Elle s’est rendue chez elles, leur a tenu la main et a été témoin de leur chagrin de près. Ces moments ont nourri sa mission. Aucun salarié ne devrait souffrir parce qu’un employeur a rogné sur les coûts ou a simplement manqué de vigilance. Aucun enfant ne devrait grandir sans un de ses parents parce qu’une entreprise a ignoré les mesures de sécurité élémentaires. Mme Young a également travaillé auprès de salariés blessés. Elle a constaté les conséquences physiques et émotionnelles de ces accidents. Des personnes qui s’épanouissaient autrefois dans leur travail sont désormais confrontées à la douleur, au handicap et à l’instabilité financière. Ces histoires ne la quittent pas. Elle estime que le meilleur moyen de prévenir les tragédies est de favoriser une culture où la sécurité est valorisée à tous les niveaux de la hiérarchie. Cela implique d’exiger un engagement fort de la part des dirigeants, d’encourager un dialogue ouvert sur les risques et d’élaborer des politiques qui vont au-delà du strict minimum pour protéger véritablement les travailleurs. Le rôle du WSPS dans le système de sécurité de l’Ontario Aujourd’hui, Mme Young dirige le WSPS, un acteur clé du système de santé et de sécurité de l’Ontario. Elle décrit le WSPS comme l’un des trois piliers d’un tabouret à trois pieds. La Commission de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents du travail (WSIB) gère les indemnités et le retour au travail, et soutient la prévention. Le ministère du Travail, de l’Immigration, de la Formation et du Développement des compétences définit, communique et fait respecter les exigences en matière de santé et de sécurité au travail. Le rôle du WSPS consiste à se concentrer sur la fourniture de services de formation et de conseil afin de prévenir les accidents du travail et les maladies professionnelles. ’ Nous avons un mandat important défini par la loi “, explique Mme Young. ”Nous faisons partie du système de prévention financé par les cotisations patronales perçues par la WSIB. “ Le WSPS travaille directement avec les entreprises. Il les aide à élaborer des programmes de sécurité. Il réalise des évaluations des risques. Il propose des formations pratiques. L’objectif est simple : empêcher les accidents avant qu’ils ne se produisent. Le WSPS fournit des conseils sur tous les sujets, de la sécurité des machines et de la robotique à la violence et au harcèlement au travail, en passant par la santé mentale. Il aide les petites entreprises à mettre en place des programmes de sécurité conformes à la législation. Les programmes de formation sectoriels et les services sur site du WSPS apprennent aux employeurs et aux travailleurs à détecter les risques à un stade précoce. L’objectif : empêcher les tragédies avant qu’elles ne se produisent. Mme Young souligne que le WSPS ne se contente pas d’offrir des services, il tisse des liens. Les entreprises qui collaborent avec le WSPS bénéficient d’une assistance d’experts pour élaborer leurs programmes de sécurité. La sécurité n’est pas seulement une liste de contrôle. Elle fait partie intégrante de leur mode de fonctionnement. Elle en est le témoin direct. Les entreprises qui font de la sécurité une priorité fonctionnent mieux. Les salariés restent plus longtemps. Le moral s’améliore. La productivité augmente. Une obligation morale Mme Young a une conviction fondamentale : chaque salarié doit se rendre au travail et rentrer chez lui dans le même état qu’à son départ. Elle considère la sécurité comme un devoir, et non comme un fardeau. ” Il ne s’agit pas seulement d’éviter les amendes. Les employeurs doivent protéger leurs salariés. Le coût d’un échec est trop élevé. Des vies sont en jeu. ’ Jody Young La sécurité ne se résume pas à la conformité. C’est une question de culture. Les salariés doivent se sentir en sécurité pour s’exprimer. Les dirigeants doivent agir avant que les accidents ne se produisent. Les entreprises qui investissent dans la sécurité enregistrent moins d’accidents du travail. Mais elles bénéficient également d’un meilleur moral et d’une meilleure productivité. Elle sait que certaines entreprises résistent encore aux mesures de sécurité. Elles les considèrent comme coûteuses, chronophages et bureaucratiques. Mais elle sait aussi qu’un seul accident





















